La RE2020 ne se limite plus à la consommation d’énergie. Elle associe conception bioclimatique, émissions de carbone sur le cycle de vie et confort lors des fortes chaleurs. Ces trois dimensions obligent à raisonner le bâtiment comme un système.

Anticiper un seuil futur change le moment des décisions

Les exigences carbone de la RE2020 sont organisées selon plusieurs jalons, jusqu’au niveau applicable à partir de 2031. Attendre la fin de la conception pour vérifier un objectif aussi exigeant expose à des corrections tardives, coûteuses et parfois incompatibles avec le parti architectural.

À Besançon, le seuil 2031 a été intégré dès le concours. La structure, les façades, les systèmes énergétiques et les matériaux ont ainsi pu être évalués ensemble. L’ACV réglementaire devient alors un instrument d’arbitrage : elle permet d’identifier les postes dominants, de comparer les variantes et de concentrer l’effort là où il produit un effet réel.

Un objectif ambitieux est plus simple à atteindre lorsqu’il guide les premiers choix que lorsqu’il tente de les corriger.

Commencer par le climat et les usages

Le confort d’été a été étudié par simulation thermique dynamique et par héliodon. Ces analyses ont accompagné la conception des protections solaires, des apports lumineux et de la ventilation naturelle.

Des ouvrants motorisés placés dans les sheds permettent d’évacuer la chaleur accumulée. Cette stratégie passive ne remplace pas la vérification réglementaire : elle la complète en observant le comportement du bâtiment heure par heure et en testant sa robustesse pendant les épisodes chauds.

Faire de l’ACV une démarche de projet

La structure bois, les doublages en briques de terre crue et l’intégration de matériaux de réemploi participent à la réduction des impacts. Leur intérêt ne peut toutefois pas être présumé : il doit être quantifié dans l’ACV, en tenant compte de l’ensemble du bâtiment et des données environnementales disponibles.

Cette évaluation itérative évite deux écueils : optimiser un lot en dégradant un autre indicateur, ou retenir une solution vertueuse en apparence mais peu efficace à l’échelle globale. L’objectif n’est pas d’accumuler des solutions « bas carbone », mais de construire une combinaison cohérente.

Aller au-delà du seuil avec le label BEPOS+

Le projet vise également le niveau BEPOS+ Effinergie RE2020. Dans les règles techniques Effinergie, ce niveau correspond à un bilan en énergie primaire non renouvelable inférieur ou égal à zéro. Il ajoute donc à la performance de l’enveloppe et des systèmes une exigence portant sur la production locale d’énergie.

Réglementation et label jouent ici deux rôles complémentaires : la RE2020 encadre la performance énergétique, carbone et estivale ; le label formalise une ambition énergétique supplémentaire et organise sa vérification.

Quatre principes transposables

Fixer l’ambition dès le concours

Un objectif carbone anticipé influence la structure, les matériaux et les systèmes avant que les choix ne se figent.

Croiser les simulations

Calcul réglementaire, ACV, STD et héliodon éclairent des dimensions différentes d’une même conception.

Arbitrer plutôt que compenser

La sobriété du bâti, le confort passif et la réduction des impacts précèdent le dimensionnement des équipements.

Suivre jusqu’à la livraison

La continuité entre conception, exécution et chantier sécurise les performances annoncées.

Projet de référence : Conservatoire botanique national de Besançon. Surface : 793 m². Bâtiment tertiaire. Objectif : RE2020 seuil 2031 et BEPOS+ Effinergie RE2020.